Le Rafale, est un avion militaire français multirôles de dernière génération, conçu et produit par Dassault Aviation.
Commandé pour l'instant à 294 exemplaires, il a été mis en service en 2001 pour la version embarquée sur porte-avions et en 2006 pour sa version basée à terre. La France est pour l'instant le seul pays à l'utiliser dans ses forces armées.
Le Rafale a été conçu par Dassault Aviation à partir de 1976, au cours d'un programme visant à renouveler les avions en service alors dans l'armée française, comme les F-8 Crusader et les Jaguar ainsi que les Mirages F1 d'attaque au sol.
À l'origine, Dassault avait cherché sans succès des partenariats européens en créant l'ACE (Avion de Combat Européen), la Belgique étant pressentie pour avoir 10% du projet. Les autres pays européens se sont tournés vers l'Eurofighter 2000, rebaptisé depuis Eurofighter Typhoon.
Le démonstrateur du Rafale, le Rafale A, a fait son premier vol le 4 juillet 1986. Légèrement plus grand que les avions de série, il était propulsé par deux réacteurs General Electric F404 (les mêmes que ceux du F-18 Hornet).
Ce démonstrateur a été suivi par 4 prototypes (5 étaient prévus à l'origine):
* Rafale C01 (monoplace terrestre, premier vol le 19 mai 1991)
* Rafale M01 et Rafale M02 (monoplaces embarqués, premier vol le 12 décembre 1991)
* Rafale B01 (biplace terrestre, premier vol le 30 avril 1993)
La version embarquée a été testée durant l'été 1992 : d'abord, aux États-Unis d'Amérique entre le 13 juillet et le 23 août, à Patuxent River et à Lakehurst, les deux seules bases aériennes disposant de catapultes et de brins d'arrêts à terre. Les premiers essais d'appontage sur le porte-avions Foch ont été effectués en 1993.
La première flottille de Rafale, la 12F de l'aéronavale de la Marine Nationale, est officiellement opérationnelle depuis 2004. Mais dès le mois de décembre 2001, elle entamait sa première croisière opérationnelle à bord du porte-avions Charles de Gaulle.
La première unité opérationnelle de Armée de l'Air, l'escadron de chasse 1/7 "Provence" sur Rafale a été créée le 27 juin 2006 sur la Base Aérienne de Saint-Dizier (BA 113), après une expérimentation à Mont-de-Marsan (BA 118).
L'électronique de bord est en rapide évolution. La génération qui équipe chaque appareil est mentionnée suivant la dernière mise à niveau
Un total de 294 Rafale est prévu pour les armées françaises : 60 pour la Marine Nationale et 234 pour l'Armée de l'Air (dont 95 monoplaces et 139 biplaces).[1]
Actuellement 36 Rafale sont en service dans les armées françaises, dont 17 Rafale B (sur 27 livrés), 5 Rafale C (sur 7 livrés) et 10 rafale F1 de la marine, 4 au standard F2 ont été reçus par la marine
Le Rafale est un avion semi-furtif. Il est doté d'ailes delta à flèche complexe et de plans canards actifs. Il dispose d'un système de commandes de vol électriques à plusieurs niveaux de redondance (trois chaînes numériques pouvant être secourues par deux chaînes analogiques, le tout alimenté par différentes sources électriques).
Sa construction fait largement appel aux matériaux composites tels que la fibre de carbone et de kevlar ainsi que des alliages aluminium-lithium. Ses bords d'attaque sont composés de titane. Il est équipé de deux turboréacteurs M88-2 E4 de SNECMA qui fournissent jusqu'à 2 x 75 kN de poussée lorsque la post-combustion est activée.
Équipé de réservoirs externes, le Rafale peut contenir jusqu'à plus de 10 000 litres de kérosène et peut être ravitaillé en vol.
Le train d'atterrissage de la version marine est un train tricycle sauteur, c'est-à-dire que l'énergie emmagasinée dans l'amortisseur avant est utilisée au catapultage de l'appareil pour lui permettre de monter plus rapidement, sans avoir besoin de tremplin comme sur les porte-aéronefs.
L'armement de base du Rafale est constitué d'un canon GIAT DEFA de 30 mm (125 obus emportés, cadence de tir de 2500 obus/minute). L'avion est muni de 14 points (13 pour la version marine) d'ancrage pour des emports externes d'une masse maximale de 9500 kg.
Il est capable d'emporter:
* armement air-air
o Magic II (MBDA) (version Marine)
o MICA ElectroMagnétique (MBDA) (standard F1-F2)
o MICA Infra-Rouge (MBDA) (standard F2)
o METEOR (MBDA) (aucun standard défini)
* armement air-sol
o missiles de croisière SCALP-EG (MBDA) (standard F2)
o armements guidés laser Paveway et BGL (standard F3)
o AASM (SAGEM) (standard F2)
o armement nucléaire (ASMP-A) (standard F3)
o armement anti-navire (AM-39 Exocet) (standard F3)
* carburant
o de 1 à 3 réservoirs externes de 1 250 litres chacun.
o de 1 à 3 réservoirs externes de 2 000 litres chacun.
On peut noter que le Rafale comporte également deux "points humides" sur le dos permettant d'accrocher 2 réservoirs supplémentaires conformes (spécialement profilés pour minimiser leur traînée induite) afin d'allonger son rayon d'action pour les missions de pénétration notamment. Cependant, ces réservoirs ne sont pas largables en vol, ce qui peut entraîner une gène lors d'un engagement, au cours duquel la man½uvrabilité est essentielle.
* divers
o nacelle de ravitaillement Douglas ou Intertechnique
o reconnaissance grâce à la nacelle Reco NG (standard F3)
Grâce à ses points d'ancrage au format OTAN, il sera possible de l'adapter à d'autres types d'emports.
Le pilote dispose des dernières technologies, et l'ergonomie des commandes a été entièrement revue :
* Les écrans classiques ont été remplacés par des écrans tactiles
* Les informations essentielles au vol s'affichent sur un viseur tête haute (HUD, Head Up Display)
* Les commandes (manette des gaz et manche), placées sur les côtés pour dégager la vue du pilote et lui permettre de se concentrer sur ses informations visuelles et électroniques, répondent au standard HOTAS (Hands On Throttle And Stick).
* "L'interface homme-machine" (IHM) dispose d'un viseur de casque (viseur-visuel « Topsight » développé en coopération par Sextant Avionique et Intertechnique) et d'une commande vocale.
Le système d'arme du Rafale est défini par des lots de fonctionnalités appelées « standard ». Trois standards ont été définis pour l'armée française, avec des évolutions pour une version destinée à l'export :
* Le standard F1, mis en service en 2001 pour la Marine Nationale, correspond à des missions de défense aérienne (missiles air-air + canon)
* Le standard F2, mis en service en 2005, donne en plus au Rafale des capacités d'attaque au sol, mais l'Air-Air bénéficie de l'ajout de nouveaux capteurs en plus du radar,
* Le standard F3 permettra la lutte anti-navire, la reconnaissance et la frappe nucléaire. Il sera équipé de deux moteur M88-3 SNECMA de 9,5 tonnes de poussée chacun.
Le radar de bord RBE2, conçu par Thales permet de suivre plusieurs cibles simultanément grâce à son antenne électronique passive qui n'est plus limitée par la vitesse du balayage mécanique. Il est capable par ailleurs, de façon exclusive, de dessiner une carte du terrain au sol dans un rayon de 10 km, que l'équipage peut utiliser pour du suivi de terrain.
SPECTRA (Consortium de Thales et MBDA), le système d'auto-protection du Rafale, est complètement intégré et informe l'équipage sur la conduite à tenir en cas de menace air-air ou sol-air.
Le Rafale est également équipé (à partir du standard F2) d'un OSF (Optronique Secteur Frontal). Cet équipement réalisé conjointement par Thales et Sagem permet des poursuites visuelles et infra-rouge de pistes air-air ou air-sol grâce à ses deux têtes ; il est de plus interchangeable entre avions Rafale, ce qui diminue encore les coûts.
La liaison de donnée tactique OTAN L16, intégrée à partir du standard F2, permet au Rafale d'échanger des informations tactiques avec ses équipiers et d'autres acteurs du théâtre d'opération (un avion radar AWACS par exemple).
Le Rafale est donc interopérable avec toutes les plateformes Liaison 16 et peut s'insérer dans n'importe quel théâtre d'opération interallié OTAN, comme actuellement en Afghanistan.
Le Rafale est doté d'une fusion de donnée, conçue par Dassault et complètement intégrée au système d'arme. Elle fusionne les informations L16 (pistes des équipiers, PPLI, pistes de surveillance provenant d'un centre de commandement C2) aux pistes des capteurs internes (RBE2, OSF IR ou TV, SPECTRA).
La fusion de donnée fournit une information synthétique et fiable au pilote et aux conduites de tir. Elle permet ainsi d'élargir les capacités des conduites de tir (tir air-air sur piste désignée par un autre Rafale par exemple).
Le coût de l'ensemble du programme a été estimé à 35 milliards d'euro et le prix unitaire d'un Rafale C est de 47 millions d'euro.[2]
Le coût de fonctionnement est à peu près de 30 000 euros par heure de vol[3].
Le coût du programme Rafale est estimé à 28 milliards d'euro hors taxes, soit 33,48 milliards d'euro TTC. Le coût unitaire d'un Rafale, développement compris, est donc pour le contribuable français de 95 millions d'euro hors taxes, soit 113,9 millions d'euro TTC [4].
Avec l'arrivée du missile européen METEOR en 2010, le Rafale pourrait subir une remise à niveau de ses systèmes, cette mise à jour premièrement appelée F4 puis F3+ a pour but d'installer un nouveau RBE2 disposant d'une antenne active.
La principale différence réside dans l'utilisation d'une antenne munie de plusieurs modules au lieu d'un seul. Elle consistera aussi à mettre en place une nouvelle version de l'OSF, l'OSF MkII, le missile METEOR, un nouveau réacteur M88-3 avec une meilleure poussée et une consommation réduite ainsi que d'autres systèmes complémentaires pour SPECTRA.
* Dix-huit ans : la flottile 12.F a été déclarée complètement opérationnelle sur Rafale le 25 juin 2004. Depuis 2001, l'avion est embarqué à bord du porte-avions Charles de Gaulle.
* Vingt ans : il s'est écoulé vingt ans entre le premier vol du Rafale le 4 juillet 1986, et son entrée officielle en service dans l'Armée de l'Air le 27 juin 2006 à Saint-Dizier à l'escadron de chasse 1/7 Provence. À l'origine, l'avion de combat devait être opérationnel en 1996.
* Coût du programme: 35 milliards d'euros pour 294 avions d'un prix unitaire entre 45 et 50 millions selon le modèle. Somme à laquelle il faut rajouter l'armement.
* Le coût d'un kilo d'armement s'élève à environ 3 400 euros pour le Rafale tandis qu'il est de 11 900 dollars pour le F-35 (JSF) et de 50 935 dollars pour le F-22, respectivement selon le coût et la capacité de chacun d'entre eux.[réf. nécessaire]
* Le 23 juillet 2007, deux Rafale M au standard F2 ainsi qu'un E2C Hawkeye, de la Marine nationale, ont apponté sur le porte-avions nucléaire américain USS Enterprise(CVN 65) au large de Cannes. Les appareils ont ensuite été catapultés avec succès, mettant en avant l'inter-opérabilité entre les Rafale français et le système aéronaval américain. Le Rafale est donc le premier chasseur de conception française à pouvoir opérer depuis un porte-aéronef américain.